vendredi 9 avril 2021

Le cercle de Finsbury

                     

paru le 04/03/2021, collection Hugo thriller

Alice croyait avoir trouvé la maison de ses rêves...
Quand Léo et elle emménagent au Cercle de Finsbury, une résidence haut de gamme en plein Londres, la jeune femme est persuadée de prendre enfin un nouveau départ. Et tant pis si les choses sont allées un peu vite avec Léo et si celui-ci a pris en charge leur emménagement
sans véritablement la consulter. La maison est parfaite, la résidence idéale, et les voisins semblent si accueillants !
... Mais ce fut celle de ses pires cauchemars.
Lorsqu'Alice apprend que Nina, qui vivait dans la maison avant qu'ils n'emménagent, y a été sauvagement assassinée, le vague sentiment d'insécurité qu'elle ressentait jusqu'alors se transforme en peur, puis en terreur. Une présence étrange semble hanter les murs et ni Léo, qui semble lui cacher beaucoup de choses, ni les voisins, qui consacrent le plus clair de leur temps à s'épier les uns les autres, ne la rassurent.
Et puis l'on passe bien trop facilement d'une maison à l'autre, à l'intérieur du Cercle, pour pouvoir y dormir en paix.


La chro de Flo

B. A. Paris est devenue avec "Derrière les portes" une auteure sur qui compter dans le paysage du thriller psychologique britannique et en particulier le thriller domestique. C'est ce genre que l'on retrouve ici à nouveau avec plaisir. B. A. Paris nous immerge dans une résidence qui possède tout pour faire rêver en apparence, un cocon sûr, des habitant triés sur le volet. Mais Alice, qui a délaissé son cottage pour habiter avec son petit ami au coeur de Londres, va découvrir une histoire sordide. En effet, son nouveau domicile a été le siège d'un meurtre. B. A. Paris nous entraîne dès lors dans la recherche de la vérité qu'Alice ne peut s'empêcher de mener. Qui était la victime, qui pouvait lui en en vouloir ?
Une chose est sûre, l'auteure manie les codes du thriller avec talent, distribuant les fausses pistes au gré de l'avancée de la lecture. Un moment de lecture très agréable pour les amateurs du genre.


lundi 6 juillet 2020

Matière noire, un roman policier à l'efficacité redoutable

Le roman 

Paru le 7 novembre, aux editions Cosmopolis, 464 pages, 19,95 euros

Juillet 2017.

Une région. Deux disparitions.

Après une nuit en discothèque, la jeune Inès Ouari ne donne plus signe de vie.

Marion Testud, elle, n'est jamais rentrée de son jogging matinal.

Sur leurs traces, deux enquêteurs aux profils atypiques : Karim Bekkouche, chef de la BAC de Saint-Étienne, flirte avec les limites et prend tous les risques pour retrouver Inès. Jacques Canovas, journaliste parisien et ex-flic des Renseignements généraux, couvre la disparition de la joggeuse.

Tous deux ont des raisons personnelles de parvenir à leurs fins.

D'un bout à l'autre du pays, les pistes se croisent tandis que de vieux meurtres énigmatiques refont surface. Deux hommes confrontés, lancés dans une course contre la mort à pleine vitesse dans les abysses de la terreur panique.


L'auteur 


Source https://editionscosmopolis.fr/taxonomy/term/130
https://editionscosmopolis.fr/taxonomy/term/130

Ivan Zinberg est capitaine de police et romancier.

Il est l'auteur des thrillers "Jeu d'ombres" (2014), "Étoile Morte" (2015) et "Miroir Obscur" (2017) aux éditions Critic. En 2019, il publie son quatrième roman "Matière noire" chez Cosmopolis.


La chro de Flo

Karim Bekkouche est un policier stéphanois, issu des cités. Chef de groupe à la Bac, il est un jour contacté par Anissa Ouari, originaire de la même cité que celle qui l’a vu grandir. Sa fille Inès a disparu et si la jeune fille était fugueuse, cette disparition ne lui ressemble pas.

Karim, surnommé Bek, va mener l’enquête et va sonder les coins les plus sombres de la ville de Saint-Etienne voire au-delà pour tenter de retrouver Inès.

L’auteur a su éviter les personnages caricaturaux : pas de flics violents, torturés par une histoire personnelle catastrophique, pas de gros coups de gueule, ni de menaces, aucune violence ni physique, ni verbale, bref, un flic « normal », avec ses forces et ses faiblesses. Il est d’origine maghrébine, considéré comme un traître dans la cité qui l’a vu grandir. C’est un flic humain, intègre, qui souffre d’être séparé de sa femme et de son fils. Certes, il s’est emporté, mais n’a pas sombré, a simplement continué à faire ce qu’il savait faire.

Jacques Canovas est un ancien des RG, veuf et accessoirement journaliste pour Meurtre Hebdo ; il a besoin de donner un sens à sa vie depuis que sa femme est décédée.

Deux hommes qui vont se rencontrer, guidés avant tout par le souci de la vérité, une intuition pour l’un, une promesse pour l’autre, puis par les découvertes. Ces deux personnages masculins sont particulièrement crédibles et attachants et sont pour moi à l’origine de la réussite totale de ce roman policier.

Pas de coups tordus, de scènes scabreuses, de révélations alambiquées. Non, Ivan Zinberg nous décrit le travail quotidien, précis, des différentes unités qui entrent en jeu lorsqu’arrive une affaire sordide, sur fond de drogue, de prostitution, de meurtres avec agressions sexuelles, de tueurs en série.

Son talent est de mêler la fiction avec des faits divers avérés, s’étant déroulés principalement en Rhône-Alpes et d’ancrer son récit dans la réalité politique récente (nous sommes en été 2017, Emmanuel Macron est président).

Des cités stéphanoises à des quartiers qui cachent bien leur jeu, Ivan Zinberg nous livre une ville bien loin de celle dont on nous vante le renouveau, capitale du design à la française.

La plaine du Forez est un territoire de jeux nocturnes, moi qui en conservais le souvenir d’une zone plutôt paysanne, giboyeuse, certes déflorée ces dernières décennies par les constructions pavillonnaires, l’autoroute, les zones commerciales. Ivan Zinberg la transforme en lieu mortifère, où les boites de nuit sont le lieu de chasse de tueurs.

 

À la lecture, je me suis sentie totalement embarquée dans l’histoire. Par moments, c’est comme si j’avais eu une place dans la voiture à l’arrière avec Karim, Luc, ou Jacques. À d’autres, j’ai eu l’impression de me retrouver dans un documentaire, tellement la fiction faisait écho à la réalité.

Bref, un polar parfaitement maîtrisé, à l’intrigue captivante de bout en bout, aux chapitres de plus en plus rythmés et aux personnages terriblement humains. Une véritable réussite !! 

En bonus, le département de la Loire en carte


lundi 30 mars 2020

Benzos





paru le 14 novembre 2019 aux éditions Taurnada, 222 p., 9, 99 euros.



Vous est-il déjà arrivé de vous réveiller avec cette sensation de déjà-vu ?
Sauriez-vous faire la différence entre le vrai et le faux ?

Avez-vous une confiance absolue en vos proches ?
Nick semble mener une vie tranquille, entouré de sa femme et de ses voisins. Pourtant, le jour où des amis de longue date arrivent, son existence tout entière va basculer dans l'étrange et l'impensable.
Réalité ? Psychose ? Quelle preuve avez-vous finalement de votre réalité ?








L'auteur
Crédit photo : © Cécile Plessis


Né à Toulouse en 1974, Noël Boudou a travaillé auprès de personnes âgées et vit aujourd’hui près de Cahors. 
Depuis l'âge de 16 ans, chanteur dans divers groupes allant du hard-rock au death metal, écrire ses textes de chansons lui donne un jour l'envie de s'essayer à raconter des histoires. 
Fan de Jim Thompson, Joe R. Lansdale et David Peace, c'est tout naturellement qu'il se tourne vers le roman noir. Son premier livre, Elijah (Flamant Noir), remporte le prix du Roman Noir 2017 lors du Festival de Cognac.






La Chro de Flo

Une histoire singulière, avec en toile de fond les psychotropes, leurs effets et leurs conséquences.

Ce roman que je qualifierais de thriller par la tension qu’il sait créer au fil des pages a dès sa parution capté mon attention. Noël Boudou, son auteur a expliqué dès le départ qu’il a souhaité écrire sur ce thème car il s’est lui-même retrouvé dépendant de substances a priori supposées régler certaines de nos difficultés mais pouvant hélas nous pourrir la vie et la santé.

Nick Power travaille et vit avec Chloé. Il habite une maison entourée de quelques voisins. Une vie banale, qui paraît plutôt agréable. D’autant plus que son meilleur ami, Pierre et sa femme, Catherine, ont prévu de lui rendre visite. Cela tombe bien, cela fait 3 ans qu’ils ne se sont pas vus. La compagne de Nick travaille pour un laboratoire pharmaceutique et doit hélas s’absenter pour quelques jours pour raisons professionnelles.
Nick se retrouve seul pour accueillir ses amis. Et là, des événements étranges vont se produire et entraîner Nick et nous autres lecteurs, dans une aventure pour le moins éprouvante.
Car Nick a la fâcheuse habitude d’avaler les médicaments comme d’autres gobent des Tic Tac, et l’alcool n’est pas en reste. Très rapidement une spirale infernale va se mettre en place. Ses invités qui arrivent, une nuit torride avec la femme de son meilleure ami et le lendemain, plus personne ! Pire, l’arrivée le lendemain de ces mêmes amis comme si c’était la première fois !
Nick va essayer de comprendre, menant une sorte d’enquête auprès de son voisinage, pour tenter de savoir s’il a tout imaginé ou s'il est victime d'une machination.
Avec un nombre de personnages restreints, une répétition des événements, on pourrait craindre de s’ennuyer, mais l’écriture est vive, les mots sont choisis avec pertinence pour nous mettre dans la peau de Nick. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on ne s’y sent pas très bien, plutôt oppressés, angoissés, confus, perdus. Voilà comment moi, en tout cas, je me suis sentie.
Noël Boudou nous invite en effet à plonger dans une expérience sensorielle, psychologique, intellectuelle très particulière. J’ai trouvé ce roman particulièrement fort, terriblement humain et courageux, et l’on ne peut rester insensible à la souffrance qui s’écrit en filigrane tout au long de ces pages, souffrance de ne pouvoir vivre, dormir normalement et de basculer dans la dépendance avec l’accord tacite mais aussi culpabilisant du corps médical et pharmaceutique.


Si vous recherchez une lecture originale, alors je vous recommande ce roman plus que chaudement.


lundi 2 mars 2020

Miracle

paru aux éditions Cosmopolis le 17 octobre 2019


La vie de Laure, vingt-et-un ans, s'écroule lorsqu'elle apprend qu'elle est atteinte d'une tumeur incurable au cerveau. Les médecins sont formels : la jeune femme est condamnée. Mais Laure est une battante, et grâce aux réseaux sociaux, récolte des fonds pour se lancer dans un projet fou : celui de traverser l'Atlantique en solitaire. Très vite, les internautes se prennent de passion pour cette jeune malade que d'aucuns voient comme une héroïne des temps modernes. Elle est invitée sur les plateaux de télévision, son périple est suivi sur YouTube par des centaines de milliers d'abonnés. Adulée, elle devient un symbole d'espoir et un modèle de courage. Dans sa course contre la montre, Laure pense avoir trouvé un sens à sa vie, mais une question parmi d'autres se pose : quel est le prix d'un miracle ?
Conduite pied au plancher, Miracle est l'histoire aux rebondissements en rafale d'une chute libre dans l'enfer des réseaux sociaux, qui va emporter Laure au cœur de la nuit, loin, beaucoup trop loin... Là où le lecteur n'a plus de répit.

La chro de Flo


Solène Bakowski est une auteure que j’ai rencontrée pour la première fois en mai dernier, lors de la première édition de l’Escargot Noir à Sens.

Immédiatement son sourire, la douceur qu’elle dégage m’ont fait m’arrêter à sa table et échanger avec elle. J’ai acheté « Une bonne intention » qui a rejoint ma PAL, puis quelques temps plus tard, « Un sac » que j’ai lu en premier, pour respecter l’ordre de parution ; et là coup de cœur pour l’écriture de Solène et l’histoire incroyable de son héroïne.
Début novembre, j’ai eu la possibilité de me rendre au salon de l’Iris Noir à Bruxelles et de retrouver Solène Bakowski pour la sortie cette fois-ci de Miracle.

Une fois de plus, je me suis laissée happer par l’histoire de Laure, jeune femme à qui les médecins diagnostiquent une tumeur au cerveau avec une espérance de vie de 2 à 3 ans.
Laure se retrouve poussée dans ses derniers retranchements par cette funeste échéance et la question lancée par sa sœur Axelle : « Tu vas faire quoi, du coup ? ».
Donner un sens à ce qui reste de la vie, réaliser un rêve qui dormait enfoui tout au fond de soi, c’est ce que nous ferions tous, placés dans une telle situation. Et Laure va poster sur les réseaux sociaux ce challenge de traverser l’océan atlantique. Un clic anodin en apparence mais qui va générer une incroyable déferlante pas seulement dans sa vie.
J’ai dévoré ce roman, je l’ai terminé en quelques jours, et une fois de plus, je suis restée scotchée, hantée par cette histoire. J’ai refermé le livre complètement chamboulée début décembre et j’y pense encore souvent.

Les mois qui se sont écoulés ensuite n’étaient pas opportuns à un retour, mais le temps est enfin venu de restituer mon avis à travers ces quelques lignes.
Miracle est un thriller complètement en prise avec notre époque car il aborde  la place trop grande que prennent les réseaux sociaux dans nos vies, qu’ils peuvent parfois faire basculer du jour au lendemain.

À travers sa construction originale : des extraits de conversations sur twitter, des chapitres consacrés à Laure avec en introduction le décompte de ses abonnés FB, YouTube, Instagram, etc., des chapitres portés par d’autres protagonistes (Isabelle, la maman du jeune Lucas atteint lui aussi d'un cancer, Doris, la sœur de celle-ci, Lionel, si investi auprès des enfants malades ...), le rythme s’accélère, la tension monte jusqu’à la fin de ce thriller pas comme les autres.

Solène Bakowski nous démontre brillamment que les réseaux sociaux sont sans réels filtres, capables de susciter des sentiments extrêmement forts, d’amour comme de haine, d’engendrer le meilleur comme le pire, qu’il y règne des profiteurs, que rien n’est gratuit et que même les meilleures intentions peuvent devenir les complices involontaires de drames hélas bien réels.

Si vous ne l’avez pas déjà lu, je vous recommande plus que chaudement ce roman, qui se dévore à vitesse grand V et qui, plusieurs mois après sa lecture, reste un immense coup de cœur.


Un extrait 
Le lendemain, dès l’aube, elle surfe. Le reste de la journée, elle ramasse des coquillages. Le surlendemain, elle accueille ses nouveaux stagiaires pour la semaine, leur montre les rudiments, et continue à ramasser ses coquillages. Idem le jour suivant, surf, élèves, cours, flots, vagues, embruns, vent dans ses cheveux, la sidération comme un couvercle sur ce décor. Et des coquillages. Beaucoup de coquillages.
Quand le nombre de sept-cent-trente est atteint, elle les verse dans un grand bocal transparent. Les trois-cent-soixante-cinq suivants, elle les peint en rouge. C’est du rab, pense-t-elle en les transvasant dans le bocal. La troisième année.
Elle en retire ensuite trois, trois petites coquilles qui tiennent dans sa paume, et elle les met dans un autre bocal, vide celui-là. Ding. Ding. Ding. Trois jours ont passé depuis l’annonce.
Le bocal des terminés. Le bocal des à venir.
Sept-cent-trente jours, et trois-cent-soixante-cinq supplémentaires. Pour la troisième année dont, peut-être, l’existence lui fera l’aumône.
Ding. Ding. Ding.

vendredi 7 février 2020

Lésions intimes


par Christophe ROYER, publié aux Editions Taurnada, le 12 septembre 2019, 409 p., 12,99 euros

Nathalie Lesage, capitaine au caractère bien trempé, travaille au sein de la brigade de répression du proxénétisme. Une des branches de l'organisation « Gorgona », spécialisée dans un certain genre de soirées parisiennes, va l’amener à côtoyer un milieu où règnent la perversion et les pratiques extrêmes.
Victime d’un banal accident, son enquête va prendre une tournure inattendue. Dans le même temps, le décès de son frère va l’obliger à renouer avec son passé.
Tout va alors se mélanger et entraîner Nathalie vers l’inimaginable…


L’auteur 


Après l’obtention de son doctorat en physiologie animale, Christophe Royer change de cap pour préparer un master d’informatique, sa deuxième passion, à l’Insa de Lyon.

Aujourd’hui, chef de projet, il vit à Saint-Vallier avec sa femme et leur fils.

Après la publication d’une saga spatiale "Projet Sapience" (2017), il signe Lésions Intimes, un thriller contemporain.

La chro de Flo 

Encore un roman diablement efficace publié par les éditions Taurnada.
Les 410 pages de l’enquête menée par la capitaine Nathalie Lesage et son équipe se lisent à vitesse grand V avec un plaisir évident.
Le premier chapitre est une réussite en terme d’accroche, avec une séquence très forte en tension. C’est assez cru, violent mais au moins il n’y a pas d’ambiguïté sur le milieu dans lequel notre policière et ses acolytes vont tremper. Tout démarre par la découverte d’un double homicide, et l’une des victimes n’est autre que Michèle Chouli, brigadier appartenant à leur unité, au sein du service de répression du proxénétisme. Très vite, nous suivons l’enquête menée par l’unité, dans le milieu glauque des soirées libertines, SM qu’une organisation nommée Gorgona orchestre avec différents niveaux, les plus élevés révélant la part et les penchants pervers de leurs adeptes.
Nathalie Lesage est une femme flic attachante, véritable tête brûlée qui bien qu’été accidentée, décide de mener l’enquête, quitte à enfreindre les ordres de sa hiérarchie. Elle possède une histoire personnelle que l’on découvrira au fil des chapitres, par l’entremise d’un deuil qui va profondément ébranler ses convictions.
Le roman bénéficie d’une touche originale, puisque Nathalie est régulièrement interpelée par Stéphy, une jeune fille séquestrée, qui communique avec elle, voit ce qu’elle voit. Qui est Stéphy, que lui est-il arrivé et comment Nathalie Lesage va-t-elle pouvoir l’aider ?
Le rythme est rapide, Christophe Royer est parvenu à décrire de façon crue mais supportable les scènes qui se déroulent dans le milieu du sexe extrême. On imagine aisément qu’il a effectué des recherches sérieuses sur le sujet.

Je me suis laissée embarquée bien volontiers par cette enquête, ces hommes et femmes personnages principaux ou secondaires, comme Nathalie Lesage que j’aimerais retrouver dans un prochain opus, ou bien encore Samir, adorable ange gardien, Félix Lopin, Gégé, etc.

Je vous invite fortement à découvrir ce roman qui a su me convaincre que Christophe Royer est un auteur à suivre.

mercredi 6 novembre 2019

La trahison des Jacobins de Jean-Christophe PORTES



publié le 10 octobre 2019 aux Editions City, 400 p., 24x 16 cm

Été 1792. Alors que l’armée austro-prussienne menace Paris, le lieutenant Victor Dauterive se préoccupe surtout de la disparition de Joseph, son petit serviteur. Le garçon a été enlevé et a sans doute disparu dans l’enfer de Bicêtre, la prison des fous, des voleurs et des enfants…

Mais une autre mission l’éloigne de ses recherches lorsqu’un policier, qui s’intéressait à une affaire de corruption dans l’entourage de Danton, est retrouvé assassiné. Ce n’est que le premier d’une série de meurtres qui continue avec celui de la femme de chambre de Marie-Antoinette et qui laisse présager le pire.

Entre trahisons, complots et espionnage, Dauterive va devoir mener une nouvelle enquête à haut risque. À l’heure où se prépare l’invasion des Tuileries, il va devoir choisir son camp… et tenter de survivre


La Chro de Flo 


La trahison des Jacobins est la cinquième enquête de Victor Dauterive, personnage fictif créé par Jean-Christophe Portes et formidable jeune lieutenant de gendarmerie qui nous permet de découvrir les dessous des années pleines de tumulte qui suivirent la Révolution française.

Victore Dauterive est maintenant âgé de 20 ans. La Fayette qui a joué un rôle important dans sa vie et dans les premiers volumes est absent de celui-ci. Victor Dauterive est sollicité par Charpier un personnage influent, ancien graveur, devenu commissaire et récemment député membre du Comité de surveillance de l’Assemblée nationale pour enquêter sur la mort de Bachelu, un policier, survenue aux Bains poitevins, une péniche amarrée en bord de Seine.
Victor Dauterive s’est lancé en parallèle dans une autre recherche, beaucoup plus personnelle, celle de Joseph, son jeune serviteur, blessé par Dossonville, juge de paix, ami de Danton, membre des Cordeliers et ennemi de Victor. Joseph a été emmené à Bicêtre, lieu qui accueille tous les individus, mineurs comme majeurs, handicapés comme aliénés ou voleurs.
Victor Dauterive va devoir batailler ferme et devra recourir à l’aide de sa fidèle amie, Olympe de Gouges, pour que les portes de Bicêtre s’ouvrent et que la vérité se dévoile progressivement.

J’ai été tenu en haleine pendant toute cette nouvelle aventure qui débute un mardi 10 juillet 1792 et s’achève le 26 août de la même année. Victor Dauterive est jeune, impulsif, sensible mais aussi courageux et intuitif. Il est profondément attachant tout comme le sont les personnages principaux qui l’aident dans ses enquêtes, qu’ils aient vraiment existé ou soient fictifs : formidable Olympe de Gouges, femme qui n’a de cesse de faire bouger les lignes d’une société éminemment phallocrate, en n’hésitant pas à prendre la parole au milieu des tribunes masculines pour revendiquer des droits aux femmes de voter, de divorcer, etc.
Formidable Duperrier, homme plein de sagesse et formidable cuisinier, auprès duquel Victor Dauterive trouve conseils et réconfort.
Vous rencontrerez ou entendrez parler de Fragonard, Marat, Camille Desmoulins, Restif de la Bretonne, Robespierre et Danton bien sûr, et d’autres encore.

Mais surtout dans ce roman, deux noms ont raisonné plus particulièrement à mes oreilles, il s’agit de La Salpétrière et de Bicêtre, qui sont pour les Parisiens des établissements de santé emblématiques. Leur histoire est bien plus complexe et leur rôle se révèle bien ambigu, puisqu’ils ont tout d’abord permis de retirer des rues et des maisons de Paris les individus, enfants comme adultes dont personne ne souhaitait s’encombrer sans pour autant s’acquitter d’une mission de soins.
Jean-Christophe Portes aborde également des thèmes plus durs, comme ceux de l’enlèvement des enfants à des fins de prostitution enfantine ou de filière pédo-pornographique.
La découverte des méthodes d’hygiène en vigueur à cette époque (toilette à sec, bains poitevins, maisons de bain) m’a particulièrement intéressée et l’auteur nous livre de façon très réaliste le quotidien des personnes de l’époque, que cela soit en matière d’alimentation (on boit du vin à toute heure, l’eau s’avérant sans doute plus néfaste pour la santé !) que d’habitat et de tenues vestimentaires. 

Les dessous politiques sont particulièrement captivants et montrent à quel point les années qui suivirent la Révolution Française ont été de véritables moments où se sont livrées des joutes politiques qui furent à l’origine des plus grands bouleversements de l’Histoire de France moderne.

N’oubliez enfin surtout pas de lire les 12 pages de notes réalisées par l’auteur. Elles vous donneront des informations passionnantes sur les recherches effectuées par Jean-Christophe Portes pour cette période historique. Elles vous conforteront dans la conviction que l’auteur a fait un travail de recherche mais aussi de rédaction romanesque absolument exemplaire, nous livrant un tout d’une grande richesse narrative, entre roman policier, roman d’aventure, fresque historique, politique et sociétale !

L'auteur





Né en 1966 à Rueil-Malmaison, Jean-Christophe Portes entame des études à l'Ecole Nationale de Arts Décoratifs, avant de se tourner vers le journalisme. Il a réalisé une trentaine de documentaires d'investigation, de société ou d'histoire pour les principales chaînes de télévision, avant de poser son sac et de se lancer dans l'écriture.
Lancées en 2015, les « Enquêtes de Victor Dauterive » connaissent un succès grandissant. Elles mettent en scène un jeune officier de gendarmerie sous la Révolution. La série compte aujourd'hui cinq épisodes : L'affaire des corps sans tête, L'affaire de l'homme à l'escarpin (prix polar Saint-Maur en poche 2018), La disparue de Saint-Maur, L'espion des Tuileries, et bien sûr ce tout nouvel opus, La trahison des Jacobins.
Cette plongée dans la Révolution française renouvelle les codes du genre alliant le thriller, la tragédie historique minutieusement reconstituée, et l’évolution personnelle du héros et de son entourage. Elle mêle les personnages de fiction et historiques dans cette période encore peu exploitée par la fiction sur la durée.

mercredi 23 octobre 2019

La lame

publié le 29 mai 2019 aux Editions Metropolis, 512 p., 21 euros, 24x 16 cm, 21 euros

Dans une France proche et obscure à la cité de La Solidarité, quartiers nord de Marseille : l'officier de PJ Simon Mardikian découvre le cadavre ravagé d'une jeune prostituée noire, Joy, alias Queen, sans identité définie. Son enquête sur les réseaux mêlant drogues, migrants et traite d'êtres humains ne fait que commencer. 
Le lendemain, à Lagos, capitale du Nigéria, dans le bidonville flottant de Makoko, l'instituteur Sékou Williams tient tête au dealer Kaza qui cherche à recruter des revendeurs parmi ses élèves. Mais soudain s'abat une immense vague-submersion, dispersant des milliers de réfugiés à travers le continent africain. 
Au même moment, à l'Élysée, le président de la République Bako Jackson annonce sa candidature à sa propre réélection. Il en profite pour dévoiler le renforcement du dispositif Frontex. C'est sa fermeté sur les questions migratoires qui a valu à ce fils de pasteur nigérian de ravir le pouvoir à l'extrême droite en 2027. À peine a-t-il achevé son allocution qu'on lui annonce la catastrophe climatique de Lagos. 
Ces trois histoires ne vont pas tarder à se rencontrer, d'une manière qui pourrait bien changer le monde. 
Ce qui va les réunir ? Une lame, rien qu'une lame, qui déjà déferle et emporte tout sur son passage... 

Basé sur les prospectives des plus éminents spécialistes des mouvements migratoires, La Lame vous propulse dans un thriller politique haletant où les lignes entre le réel et la fiction se brouillent jusqu'à devenir une seule et même piste.


La Chro de Flo 
La lame dès les premiers chapitres taille dans le vif : ça tabasse, ça fait mal, c’est saignant, violent. On pourrait se croire dans l’univers cher à Mattias Köping (un très  bon point) : le meurtre particulièrement sordide d'une prostituée sans identité, de sombres histoires de traite des femmes, de drogue, de dealers dans une cité marseillaise,  la Soli (son surnom, car le nom complet,  La Solidarité est bien mal choisi) mais très vite l'auteur va orienter son thriller autrement.

Frédéric Mars nous invite à un « drôle » de voyage : en premier lieu, un voyage dans le temps, puisque  le roman débute en octobre 2031. 2022, écrit Emmanuel Macron. Après la victoire du parti d’extrême droite, La France aux Français, et la gouvernance calamiteuse de sa représentante, Laurence Varenne, le nouveau président français élu en 2027 est un homme noir, de souche africaine : Bako Johnson. Dernière ligne droite avant les prochaines élections : autant le dire, cette période est un chaudron bouillant où les décisions pèsent lourd dans la balance électorale et la période propice aux attaques.
2031, c’est demain. Et les références à notre actualité sont bien présentes : le président actuel, Emmanuel Macron, l’extrême gauche avec Jean-Luc Mélenchon, etc. Vous entendrez même parler des gilets jaunes et pas seulement. Et avec un peu d’imagination, si peu, on imagine très bien que cette France de demain n’est pas de la science-fiction mais une très légère anticipation.
Voyage disais-je. Nous allons aussi voir du pays. L’échiquier sur lequel Frédéric Mars nous propose de jouer ne se limite pas à notre pays, c’est l’échiquier mondial qui est convoqué et plus particulièrement le continent africain, avec le Nigéria et sa capitale Lagos, ville qui peut hélas revendiquer sa place de capitale de la misère. Lagos, si vous avez regardé les actualités récemment, a fait parler d’elle avec le démantèlement d’une « usine à bébés » dans laquelle des femmes étaient retenues jusqu’à l’accouchement et leurs  nourrissons monnayés. 
En 2031, Lagos est toujours une capitale où la pauvreté règne en maître avec son corollaire, les trafics en tous genres, dès le plus jeune âge. Dans cet environnement hostile, Sékou Williams, jeune instituteur tente d’éduquer les enfants qui lui sont confiés. Sa vie et celle de sa famille vont se retrouver totalement chamboulées par une déferlante venue de l’océan, provoquant de nombreuses victimes et des milliers de personnes sans abri.
Cette lame va avoir des répercussions qui vont très vite dépasser les limites tant géographiques que politiques de nos principaux protagonistes.
La lame, comme le montre la magnifique couverture du livre est aussi celle d’un couteau, qui peut menacer, trancher, tuer. Cette lame-là viendra ponctuer les histoires d’hommes, de femmes d’enfants qui vont s’entrecroiser.
500 et quelques pages, 77 chapitres courts, une construction ambitieuse, complexe mais qui ne perd jamais le lecteur et un final de haut vol, voilà ce que vous trouverez en lisant ce thriller plus que brillant.
J’ai particulièrement aimé le volet géopolitique de ce roman ainsi que les nombreux thèmes abordés ; qu’ils renvoient au côté obscur de l’être humain comme à sa face lumineuse et porteuse d’espoir : la trahison, la vengeance, la haine, la quête du pouvoir et donc aussi la force des promesses, l’engagement, l’amitié, l’amour, la famille.
Ce roman possède un souffle incroyable, il vous fera frémir, vous touchera et plus que tout, il vous fera réfléchir à la direction que pourrait prendre ce drôle de paquebot sur lequel nous sommes tous embarqués.

L'auteur


Saint-Maur en Poche - Juin 2019
Après plusieurs années passées dans la presse magazine et diverses rédactions online, Frédéric Mars a quitté le journalisme et la photo pour ne se consacrer qu'à son travail d'auteur de livres.
Outre ses romans, il a publié plus d'une quarantaine d'essais, documents et livres illustrés, sous diverses identités. 
Il est l'auteur du thriller Les marcheurs, sorti en 2018 à La Mécanique générale.
Ainsi, depuis 2018, Quanaaq, sa série islandaise publiée chez La Martinière cartonne, sous le pseudonyme de Mo Malø.
C'est également lui qui se cache derrière le pseudo féminin d'Emma Mars, avec dernièrement la série romance Sign of Love, aux éditions French Pulp.
En résumé, Frédéric Mars est un auteur touche à tout, prêt à explorer de multiples univers.

mardi 15 octobre 2019

L’inconnue de l’équation






de Xavier Massé paru le 16/05/2019 aux Editions Taurnada, Collection Le tourbillon des mots, 9,90 euros (234 p.)
Quatre heures. La police n'a que quatre heures pour démêler ce qui ne semblait être au départ qu'un simple drame familial : un couple, Juliette et François, retrouvé carbonisé, leur fils, Julien, gisant au sol.
Deux salles d'interrogatoires, deux témoins de la tragédie : la mère de François et une flic déjà présente sur les lieux. Deux versions, deux visions différentes.
Accident, meurtre, ou vengeance ?
Une toile d'araignée va se tisser peu à peu et d'une simple énigme va surgir une équation… aux multiples inconnues.



La chro de Flo 

L’inconnue de l’équation est un livre habile qui se lit vite et bien !! 

Juliette et François sont morts sous les yeux d’Amandine Binger, policière arrivée sur les lieux. Julien, le fils est en soins intensifs. Mireille, la grand-mère n’a pu rejoindre la maison de son fils à temps mais recevait les confidences de ce dernier.

Comment et pourquoi un couple uni en est arrivé à se déchirer ainsi ?
Xavier Massé a su élaborer une histoire très prenante grâce à des chapitres courts, qui alternent les questions posées lors des gardes à vue des deux personnes qui détiennent peut-être la vérité sur le drame qui a frappé la famille Conut.  Migue, policier expérimenté lance à son équipe l’idée d’interroger séparément ces deux femmes qui ignorent chacune la présence de l’autre. À partir de cet instant, le lecteur est pris en tenaille et vous vous doutez bien que les rebondissements, les voies de garage, vous allez en rencontrez en suivant les auditions menées par les policiers Migue et Dida en tête, aidés par Brossard. Tous les trois vont s’employer à traquer la vérité.

J’ai eu un plaisir énorme à entrer dans le jeu concocté par Xavier Massé malgré quelques petites imperfections au niveau du style et des situations ou appellations qui ne sont plus appropriées dans le milieu policier mais j’en suis ressortie avec un regard très positif car il s’agit de son deuxième roman.

Je suis convaincue que Xavier Massé a une gros potentiel et qu’il va nous surprendre avec un prochain romain où fond et forme seront au top !





lundi 7 octobre 2019

L'important n'est pas la chute

Ce week-end est paru sur Collectif Polar : Chronique de nuit, mon avis de lecture pour

L'important n'est pas la chute de Guillaume Ramezi, paru aux Editions French Pulp en mars 2019.



Une lecture particulièrement agréable, avec la chronique complète, extrait, bio de l'auteur en suivant le lien ci-après :



Salon L'escargot Noir, à Sens, Mai 2019 - Avec Guillaume Ramezi à gauche et Laurent Malot à Droite sur la photo



J’ai croisé Guillaume Ramezi une première fois à Nemours puis à Sens (voir photo ci-dessus) et je me suis tout de suite sentie attirée par son deuxième roman.

Camille Lambert et son équipe (Romans, Bourdieu et Malika) sont appelés un dimanche matin pour rejoindre un petit aérodrome de l’Oise.

Un accident a eu lieu : Thomas Laverne, riche chef d’entreprise a sauté en parachute mais celui-ci ne s’est pas ouvert correctement. Thomas Laverne a été emmené à l’hôpital, dans un état très grave. L’homme qui partageait l’avion de saut a disparu. C’est Claire Laverne, l’épouse de la victime qui a souhaité confier l’enquête à la jeune capitaine, cette dernière ayant mené l’enquête sur la disparition d’Héloïse, l’une des deux filles du couple, quelques années plus tôt.

Je ne vous cacherai pas que l’accident n’en est pas un et que la recherche de la vérité ne sera pas si évidente.

L’écriture de Guillaume Ramezi est très agréable, fluide et oscille entre noirceur et légèreté avec ses clins d’œil à d’autres auteurs.

J’ai donc passé un très bon moment de lecture et me garderai bien de dévoiler les thématiques traitées par l’auteur, au risque de déflorer tout l’intérêt de l’intrigue.

Pour en savoir plus, il vous faudra donc le lire vous aussi.